En Occident, nous fêtons les Sébastien le 20 janvier. Chaque année, autour de cette date, les compagnies d’arc de France honorent donc leur saint patron, saint Sébastien. Mais qui était cet homme, et pourquoi les archers l’ont-ils choisi ?

Un soldat au service des chrétiens

Selon la tradition, Sébastien naquit vers l’an 260 à Narbonne, d’un noble de la région et d’une dame de Milan, tous deux chrétiens. Ses parents s’installèrent ensuite à Milan, où il grandit. Il s’engagea dans l’armée romaine et devint officier de la garde prétorienne sous l’empereur Dioclétien. L’empereur ignorait sa foi. Sébastien profitait de sa charge pour soutenir en secret les chrétiens persécutés.

Lorsque sa foi fut découverte, l’empereur Dioclétien le condamna à mort. Les soldats l’attachèrent à un poteau et le transpercèrent de tant de flèches que, selon la Légende dorée de Jacques de Voragine, il était « tout hérissé de flèches comme un hérisson ». C’est ce supplice qu’on appelle la sagittation. Laissé pour mort, il fut retrouvé dans la nuit par Irène, veuve de Castulus, venue recueillir son corps pour l’ensevelir. Le découvrant encore vivant, elle l’emmena chez elle et le soigna.

Un soldat au service des chrétiens

Une fois rétabli, il décida d’aller trouver l’empereur, malgré les mises en garde de ses amis. Dioclétien présidait alors une cérémonie au temple d’Héliogabale, sur le mont Palatin, à Rome, aux côtés de son co-empereur Maximien. Sébastien leur reprocha leurs persécutions. Furieux de voir son soldat encore en vie, Dioclétien ordonna qu’on le batte à mort, puis qu’on jette son corps dans la Cloaca Maxima, le grand égout de Rome.

Ruine du temple d’Héliogabale à Rome

Selon la légende, Sébastien apparut alors en rêve à une chrétienne, Lucine. Il lui indiqua où se trouvait son corps et lui demanda d’être enterré auprès des apôtres Pierre et Paul. Lucine retrouva sa dépouille et la fit ensevelir dans les catacombes de la Via Appia. C’est au-dessus de ces catacombes que s’élève aujourd’hui la basilique Saint-Sébastien-hors-les-Murs. Pour découvrir ce lieu, lisez le récit de voyage Sur les traces de Saint-Sébastien, publié sur notre site.

Pourquoi le patron des archers ?

Le culte de saint Sébastien est ancien : dès le IVe siècle, un lieu de culte lui est dédié à Rome, au-dessus des catacombes de la Via Appia. Mais à cette époque, on l’honore surtout comme un saint guérisseur, invoqué contre la peste. Son lien avec les archers est plus tardif, car les compagnies d’arc n’existaient pas encore.

Sébastien est reconnu comme patron des archers dans toute la chrétienté d’Occident. On le retrouve aussi bien en Allemagne qu’en Flandre, où les guildes d’archers étaient toujours placées sous sa protection. Mais chaque pays a sa propre tradition.

En France, ce lien remonte au IXe siècle. Le pape Eugène II confia alors aux archers le transfert des reliques du saint à l’abbaye royale de Saint-Médard de Soissons. L’abbé y devint grand maître de toutes les compagnies d’arc du royaume, et une confrérie de Saint-Sébastien veilla sur les reliques jour et nuit. Ces compagnies jouèrent ensuite un rôle important dans la défense des villes. Elles étaient particulièrement nombreuses en Picardie, en Champagne et dans le Nord, et toujours doublées de confréries religieuses.

Le patronage lui-même s’est vraiment développé au Moyen Âge, avec un essor marqué aux XIVe et XVe siècles.

Saint Sébastien est aussi patron des soldats, des fantassins, des athlètes et, par extension, des policiers.

La Saint-Sébastien dans les compagnies

La plupart des compagnies célèbrent l’événement le week-end le plus proche du 20 janvier, chacune selon ses propres usages. Autrefois, la compagnie se rendait à la messe en cortège, derrière le tambour et le drapeau. Elle revenait ensuite au jeu d’arc pour un tir traditionnel, où l’on récompensait la plus belle flèche. Aujourd’hui, la fête réunit le plus souvent un tir traditionnel et un repas convivial. Le tir se fait sur une carte décorée pour l’occasion.

Le repas était traditionnellement composé d’un gigot. Le vainqueur du tir, celui dont la flèche était la plus proche du centre, recevait l’os du gigot. Il avait alors la charge d’en réaliser un trophée, qu’il décorait et rapportait l’année suivante.

Un exemple pour les archers

Les historiens ne sont pas tous d’accord sur l’existence de saint Sébastien, et son récit varie selon les sources. Mais ce que sa légende incarne suffit à justifier la place qu’il occupe dans nos traditions : le courage, la persévérance et la fidélité à ses convictions face à l’adversité. À la Compagnie des Archers Aumalois, nous perpétuons chaque année cette tradition en honorant notre saint patron.

Page Wikipédia sur Saint Sébastien

Visite virtuelle de Saint-Medard de Soissons